Archive pour novembre, 2010

Les sources de Shamballah 4: la salle de lecture du British Museum

Posted in Les Sources de Shamballah with tags , , , , , , , , , , , on 20 novembre 2010 by taranzano

TOME 1, P. 16 : « Je savais également que Mathers fréquentait assidûment la salle de lecture du British Muséum… »
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Les circonstances de la rencontre entre Malcolm et Mathers dans la salle de lecture du British Museum sont également inspirées par un passage du « Frémissement du voile » de Yeats.
Et pour cause, puisque ce sont les circonstances dans lesquelles Yeats rencontra lui-même Mathers, ainsi qu’il les décrit au Livre I : quatre années : 1887-1891, au tout début du Chap. 20. (P. 91) :

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« Je voyais souvent dans la salle de lecture du British Museum un homme de trente-six ou trente-sept ans, habillé de velours brun, au visage émacié et résolu, au corps athlétique, et qui m’apparut, avant que j’apprisse son nom ou que je connusse la nature de ses études, comme une figure de roman. Je ne tardai pas à lui être présenté, où et par quel homme ou quelle femme, je ne m’en souviens pas. Il s’appelait Liddell Mathers, mais il devait bientôt devenir, sous l’influence du Mouvement Celtique, MacGregor Mathers, puis MacGregor tout court. Il était l’auteur de la Cabbale dévoilée, et il n’avait que deux sujets d’études, la magie et la théorie de la guerre, car il se croyait un chef militaire né, et pour ainsi dire l’égal en sagesse et en puissance du Juif immémorial. Il avait copié au British Museum une foule de manuscrits sur les rites et la doctrine de la magie, il devait en copier une foule d’autres dans les bibliothèques du continent, et ce fut surtout grâce à lui que j’entrepris certaines études et certaines expériences qui allaient me convaincre que les images jaillissent devant l’œil de l’esprit d’une source plus profonde que la mémoire consciente ou subconsciente. (…) Il m’avait parlé, la première fois qu’on nous avait présentés l’un à l’autre, je crois, d’une Société qui déclarait parfois s’appeler – elle portait un autre nom parmi ses membres – « les Etudiants Hermétiques » ; en mai ou juin 1887, je fus initié à cette Société dans un atelier de Charlotte Street, et, étant à un âge des plus réceptifs, façonné et retranché du monde. Mathers en était l’esprit directeur. Il avait de naissance le don d’enseigner et d’organiser, et il était de ceux qui excitent – moins par ce qu’ils disent que par ce qu’ils sont – l’activité de l’imagination. Nous versions une petite souscription annuelle, quelques shillings, pour le loyer et les fournitures de papier, mais ceux qui étaient pauvres ne payaient même pas cela, et tous trouvaient Mathers généreux de son temps et généreux de ses pensées. »

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Dans le livre sur la magie que Malcolm tient ouvert, les ésotéristes reconnaîtront facilement le symbole que notre dessinateur a utilisé pour illustrer sa case.

En fait de pentacle rituel, il s’agit de l’ « ennéagramme », une figure popularisée par le maître spirituel Gurdjieff. Elle était l’emblème de la fraternité ésotérique de Sarmung avec laquelle il prétend avoir été en contact.
Pour Gurdjieff, l’ennéagramme est le véritable symbole universel : « Toute science y a sa place et peut être interprétée grâce à lui. »
Vu sous l’angle de la psychologie, il permet notamment de distinguer neuf types de personnalités : le Perfectionniste, l’Altruiste, le Battant, l’Affectif, l’Observateur, le Loyaliste, l’Epicurien, le Chef, le Médiateur.
L’ennéagramme est aujourd’hui utilisé dans certaines écoles de coaching ou de psychologie alternative.
Il a également servi aux auteurs, au moment de la préparation du scénario, pour définir et mieux cerner le caractère de leurs personnages principaux (Malcolm = le Battant ; Erwan = le Loyaliste…)

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Les expériences psychiques décrites en P.16/17 (projection mentale avec le symbole de l’eau) et en P.17/18 (Mathers menant le troupeau), illustrent là encore des anecdotes rapportées dans « Le frémissement du voile » de Yeats, au Livre I : quatre années : 1887-1891, au tout début du Chap. 20. (P. 93).

L’actrice Florence Farr, qui a été l’objet de ces démonstrations de pouvoirs psychiques de la part de Mathers, a simplement été remplacée dans la BD par notre héros Malcolm :

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« Peu après ma première rencontre avec Mathers, il connut une période de brève prospérité en devenant pour deux ou trois ans conservateur d’un musée privé à Forest Hill et en épousant une femme jeune et belle qui était la sœur d’Henri Bergson. Sa maison de Forest Hill devint bientôt un lieu de rencontre romantique pour un petit groupe, Florence Farr – elle aussi avait été initiée -, moi, et une douzaine de disciples comme moi. Je crois que c’est elle, sa curiosité étant insatiable, qui fit courir certaine histoire de prodige, et cela en se moquant et en s’émerveillant tout ensemble. Mathers l’avait emmenée en promenade dans un champ plein de moutons et lui avait dit : « Regardez ces moutons. Je vais imaginer que je suis un bélier », et aussitôt tous les moutons s’étaient mis à lui courir après. Puis venait la merveille des merveilles. Il lui avait donné un morceau de carton sur lequel on voyait un symbole géométrique en couleur et il lui avait dit de l’appuyer contre son front, sur quoi elle s’était trouvée en train de marcher sur une falaise qui dominait la mer, avec des mouettes criant au-dessus de sa tête. Je ne jugeais pas impossible l’histoire du bélier, et j’essayai même une demi-douzaine de fois d’exciter un chat en imaginant une souris devant son museau ; toutefois, le troupeau avait pu faire par hasard un mouvement qui avait trompé l’observatrice, tandis qu’on ne voyait pas ce qui aurait pu la tromper dans ce dernier prodige. »

Dans le cas de la projection mentale ayant suscité le paysage maritime, n’ayant aucune précision sur la description du symbole utilisé dans la réalité autre que « un symbole géométrique », le dessinateur a décidé d’en créer un pour correspondre à cette anecdote, en combinant un symbole alchimique classique, une rune nordique et un symbole des cartes Zenner qui renvoient tous à l’eau.

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La rune inscrite dans le triangle est la vingtième rune du Futhark scandinave, nommée « Lagu » ou « Laguz ». Elle signifie : « L’eau »

Cette rune est inscrite dans un triangle renversé qui signifie, en alchimie occidentale, l’eau.

Enfin, au-dessus de cette figure composée se trouvent trois lignes ondulées horizontales, symbole schématique typique de l’eau, et qui est utilisé parmi les cinq figures du jeu de cartes Zenner, servant aux parapsychologues durant les expériences de transmission de pensées.

Il y a un troisième cas de projection mentale grâce à un symbole, sur lequel nous reviendrons plus loin, puisqu’il a servi à illustrer une autre scène de l’album (Voir P.28/29). C’est dans ce cas cependant que « Mathers m’expliqua qu’il n’était même pas nécessaire de me montrer ce symbole : il aurait suffi qu’il l’imaginât. », ainsi que son personnage le dit en P.17…
L’expérience avec le troupeau de mouton réalisée par Mathers était tout particulièrement intéressante dans le cadre de notre histoire, non seulement du point de vue d’une anecdote vraie sur les pouvoirs psychiques, mais aussi pour ses résonances politico-sociales, illustrant le conformisme moutonnier des foules suivant leurs dirigeants, et plus encore le contrôle des masses par le pouvoir occulte du gouvernement secret (symbolisé ici par Mathers, chef d’une société secrète).

… et on en reparle!

Posted in les portes de shamballah with tags , , , , , , , , on 18 novembre 2010 by taranzano

Toujours dans Bulle d’encre, cette fois pour le Tome 3:

« On arrive désormais à cerner le rôle mystique de notre héros, qui donne une nouvelle dimension au personnage. Un changement dans ce tome concernant les illustrations, le dessinateur Pierre Taranzano donne une atmosphère supplémentaire à certaines parties du scénario avec un savoir-faire différent au sujet de la colorisation. Belle initiative !
Action, mystères, enquêtes, ésotérisme, la suite d’une série indispensable à découvrir. »

Dans le même site, également une interview.

Dans Bulles et Onomatopées:

« C’est un scénario ambitieux et mené tambour battant que se partagent Axel Mazuer, Cyril Romano et Pierre Taranzano.
(…)
Les cadrages sont audacieux et le travail sur les perspectives très intéressant dès le premier tome, en particulier lors de séquences comme la représentation de la salle de lecture du British museum ou encore lors d’une escapade nocturne dans les rues de Londres.

Trois tomes sont parus à ce jour, et le quatrième à venir devrait clore le premier cycle. Les amateurs de récits conspirationnistes, d’ésotérisme et d’archéologie devraient être comblés. La série ne souffre d’aucun temps mort et propose un univers dépaysant et intrigant. A découvrir. »

Dans le Comptoir de la BD (blog BD du Monde.fr):

« Les Portes de Shamballah est une nouvelle tentative assez réussie dans la forme (Pierre Taranzano a le souci des détails, remplissant par exemple les appartements anglais de nombreux objets pour en signifier toute l’oppulence) et dans la construction du récit (les trois premiers albums constituent un étonnant voyage immobile en réalité courant sur quelques heures où le héros raconte son histoire et où les nombreux éléments et personnages se mettent en place).
(…)
Et à ceux qui imaginent qu’il s’agit encore d’une série de jeune femme en détresse et à moitié dévêtue comme pourrait le suggérer la couverture ci-contre, je les invite à aller un peu au delà de cette fausse première impression! »

Et dans Bodoï:

« Du sang et de la magie, de l’Angleterre à la Chine, en passant par l’Inde et l’Amérique… Pas de doute, on est ici dans une super production hollywoodienne, une sorte d’Indiana Jones à la sauce Lovecraft. Tout le monde cache quelque chose, chacun poursuit des intérêts monnayables et le héros, aux allures de Hugh Jackman, a toutes les peines du monde à avancer dans sa quête. Une quête qui, à la lecture de ce troisième volume, prend des accents bigrement maléfiques… »

Géodyssée, la suite

Posted in boulots divers with tags , , , on 15 novembre 2010 by taranzano

Voilà la série d’images que j’avais faites pour ce projet (il s’agissait d’illustrer une expo dans la Réserve Géologique de Digne les Bains, une plongée dans les fonds marins du Jurassique).

On en parle (toujours)

Posted in les portes de shamballah with tags , , , on 9 novembre 2010 by taranzano

Dans BD Gest::
« … Les progrès réalisés depuis la parution du premier tome, en 2007, sont très significatifs, notamment en ce qui concerne le dessin de Pierre Taranzano, qui exploite de mieux en mieux ses aptitudes à décrire les mouvements des personnages.
(…)
Le prochain volume devrait clôturer le premier cycle des Portes de Shamballah. À découvrir pour les non-initiés, ne serait-ce que pour le très large éventail des références proposées, de X-Files à Indiana Jones. »

Dans Sceneario.com:
« … Cette suite prolonge comme souhaité les pérégrinations de l’agent de renseignement anglais face à une organisation maléfique. Basé sur des faits et des personnalités authentiques que les trois auteurs ont su mélanger à leur propre sauce, le récit prend de plus en plus de consistance et d’énergie.
(…)
Le travail de Pierre Taranzano dévoile une énergie graphique excellente. On ressent dans son univers une inspiration comics qui donne à son dessin une puissance évocatrice assez impressionnante. Il dompte le mouvement avec subtilité et rend ses personnages sous l’emprise d’Aïfass très impressionnants. Cet auteur démontre également qu’il a du potentiel quant à l’utilisation de la couleur directe quand il s’agit de franchir le domaine du rêve.

Un épisode ésotériquement prenant et plein de ressources qui met sur le même piédestal mortel et divin. Attention aux conséquences ! »

Et dans Publik’Art:
« … Le scénario écrit à six mains, est très bien calibré. L’intrigue repose sur des éléments à l’ésotérisme relatif, pour le moins mystiques. Le récit très équilibré n’est heureusement pas démesurément porté sur ces faits de magie noire. Le lecteur est plongé dans une histoire haletante qui mêle ingénieusement thriller, enquête policière sur fond d’infiltrations complexes (elles sont nombreuses et souvent à plusieurs étages), et théorie du complot articulée autour d’une société secrète dotée de rites initiatiques aux dangers et dimensions inconnus, surtout pour le profane qu’est Malcolm Mackenzie (avouons qu’il l’est tout de même moins depuis le second album !). La narration est également bien étudiée, maintenant une tension tout au long de la lecture, et s’effaçant quand il le faut pour laisser place à des scènes d’actions très bien découpées.
(…)
Ce troisième tome est ainsi livré dans les règles de l’art : il apporte son lot de surprises et ne cesse d’interroger le lecteur sur le dénouement final… Mission accomplie, donc. Et une question reste en suspend : à quand la suite ? »